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Dogfight au-dessus de Paris

Dogfight au-dessus de Paris

Souvenir rapporté par le 1st LT Henry C. Woodrum, 344th Bomb Group

  Au cours de sa 35ème mission aux commandes d'un B-26 Marauder, le 1st Lt Henry C. Woodrum a été abattu par la flak au-dessus des environs de Paris en bombardant des ponts sur la Seine. Le lendemain de son atterrissage forcé il fut contacté par la résistance et caché dans un bar-restaurant pendant cinq jours. Le 2 Juin on l'emmena dans une autre cachette, un appartement au dernier niveau d'un immeuble de Versailles. Depuis cet étage il pouvait voir la tour Eiffel et les appareils allemands attérrir et décoller de l'aéroport de Villacoublay. Sans le savoir alors, il assista le 6 Juin à un décollage de plus de 50 Messerschmitts 109 qui allaient essayer d'endiguer le débarquement allié sur les plages de Normandie. Ce n'est que plus tard dans la journée en écoutant la radio américaine qu'il apprit que le débarquement avait bien eu lieu ce jour-là.

  Le lendemain matin il fut réveillé par un bruit familie, celui du moteur d'un P-51 Mustang qui survolait l'immeuble à moins de 50 mètres. Il avait à ses trousses cinq Fock-Wulf 190. Le pilote américain volait si-bas qu'Henry put même distinguer depuis la terrasse de l'appartement son serre-tête, ses lunettes, les sangles blanches du parachute se démarquant sur son blouson A-2 et le foulard blanc qu'il portait autour du cou. Quelques minutes plus tard le Mustang repassa dans l'autre sens mais cette fois-ci mitraillant un 190 qu'il suivait de près alors qu'il était lui-même pris en chasse par quatre autres appareils allemands. Comme il se dirigeait vers un nid de canons anti-aériens, ces derniers se mirent à tirer mais s'arrêtèrent aussitôt en reconnaissant la silhouette de l'avion allemand immédiatement devant le Mustang. Le pilote américain continuait de tirer sans répit jusqu'à ce que le chasseur allemand disparaisse dans un panache de fumée rouge, noire et orangée. Le Mustang traversa les débris tout en étant visé par les 190 à ses trousses. Il se retrouva juste au-dessus de l'aérodrome de Villacoublay dont la DCA commença à ouvrir le feu sur tous les appareils, avions allemands compris. Trois 190 virèrent sur la gauche pour éviter les tirs mais le quatrième ne pu tourner qu'à droite, s'isolant ainsi des autres et devenant une proie facile pour le P-51 qui vira du même côté. Le bruit saccadé des mitrailleuses de 50 couplé avec celui du moteur du Mustang retentit à nouveau et une traînée de fumée noire se dégagea du Fock-Wulf. Il piqua vers le sol et disparut dans une explosion. Les trois autres Fock-Wulf avaient rattrapé le Lt Woodrum mais celui-ci monta soudainement en chandelle, s'inversant alors complètement. Sa vitesse et altitude supérieures lui permirent de se retrouver derrière le 190 solitaire. Il déclencha ses mitrailleuses et toucha le Fock-Wulf qui voulut regagner la base de Villacoublay sans succès, s'écrasant avant dans la forêt voisine. Tout le monde était perché sur les toits pour assister à ce combat sans merci qui se livrait dans le ciel Versaillais. Pendant un instant tout devint calme, sans aucun bruit, quand tout à coup les trois avions apparurent à l'horizon avec l'américain au milieu des deux allemands. Un des 190 essaya de dépasser le Mustang mais l'américain se cabra au dernier moment. Le Fock-Wulf fit de même mais son moteur cala et le pilote s’éjecta presque immédiatement à moins de 500m du sol. Les deux chasseurs continuaient leur danse dans le ciel mais sans tirer, leur quantité de munitions disponibles devant être au plus bas. Cette fois-ci l'allemand était derrière l’américain et ils disparurent tous les deux derrière une colline. Quelques instants plus tard un champignon de fumée noirâtre éleva à l'horizon. Un fabuleux pilote avait finalement perdu la partie, un engagement qui avait commencé à 5 contre 1 pour finir à égalité.

  Henry nota le lieu et l'heure pour pouvoir confirmer les quatre victoires si un jour il devait retourner en Angleterre. Tous les spectateurs se retirèrent les uns après les autres, tristes et désemparés comme si ils avaient perdu un des leurs. Vingt minutes plus tard, l'homme du couple qui hébergeait le Lieutenant rentra hilare en disant:

-"Vous avez vu le combat ?"

-"Oui" répondit Henry, "l'américain en a eu quatre sur cinq"

-"Non, pas du tout, il les a tous eu, j'ai tout vu, surtout le dernier, c'était magnifique !

  L'homme avait pu tout voir du jardin dans lequel il travaillait. Les deux avions étaient presque au ras du sol en train d’exécuter des cercles quand le Mustang à court de munitions sortit ses trains d'atterrissage et ses aérofreins pour réduire sa vitesse au maximum pour forcer l'allemand à ralentir aussi, au risque de caler, ce qui se passa. Le pilote allemand perdit le contrôle de son appareil et s'écrasa dans les bois.

   De nombreuses années plus tard, le Lieutenant Woodrum parcourut tous les rapports opérationnels des pilotes de Mustang de cette période pour retrouver l'identité de ce mystérieux As. Un rapport mentionnait un important combat aérien à très basse altitude dans les environs de Paris mais aucune victoire avait été revendiquée. Aujourd'hui encore l'identité de ce pilote n'a pu être révélée mais il s'agit sans doute d'un des plus beaux duels aériens jamais vus.

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